Francisca Meyer, la schizophrénie au microscope
In http://www.lalsace.fr/fr/region/alsace/article/1672592,208/Francisca-Meyer-la-schizophrenie-au-microscope.html
Née à Wissembourg il y a 26 ans, Francisca Meyer est neurobiologiste à l’Université Louis-Pasteur, « dans la seule équipe en France qui travaille à la fois sur des approches comportementale et neurochimique de la schizophrénie ». En dernière année de thèse, ses recherches portent sur les éventuelles origines biologiques de cette maladie mentale méconnue.
Sa méthode, peu courante, voire polémique en France où l’approche psychanalytique est privilégiée : reproduire chez l’animal (des rats) des perturbations caractéristiques des schizophrènes, en leur injectant une toxine qui désactive temporairement leur influx nerveux. Si le rat ne va évidemment pas connaître un dédoublement de personnalité, certains symptômes sont en effet similaires entre l’homme et l’animal. « L’idée est d’avoir un outil pour étudier des mécanismes qu’on peut difficilement étudier chez les humains, pour des raisons éthiques, mais aussi parce que les médicaments que prennent les patients créent un biais », explique Francisca Meyer. Les résultats, probants, ont fait l’objet d’articles dans des revues scientifiques, et pourraient permettre, dans le futur, de créer de nouveaux traitements. Mais Francisca devra sans doute poursuivre ses recherches à l’étranger, car la médecine psychiatrique française manque cruellement de moyens.
Trois Alsaciennes — une musicienne, une artiste-verrier et une thésarde en neurosciences — ont reçu des bourses Déclics jeunes de la Fondation de France, destinées à des projets hors du commun.
Vocation, originalité, altruisme, excellence dans un savoir-faire en voie de disparition… Ce sont les critères sélectifs de la Fondation de France pour l’attribution de ses bourses Déclics Jeunes. Réservées aux jeunes de 18 à 30 ans, elles ont été remises, hier, à la promotion 2009.
Parmi ses 20 lauréats (sur 765 dossiers initialement en lice), trois Alsaciennes (voir ci-dessous). D’un montant de 7 600 €, ce coup de pouce est inestimable pour des projets artistiques, artisanaux ou scientifiques, qui ne rentrent pas forcément dans les cases.
« Je n’ai plus d’autres ressources »
« Je n’ai plus d’autres ressources financières pour mener mes recherches à plein temps », indique Francisca Meyer. La jeune femme, en troisième année de thèse à l’université Louis-Pasteur de Strasbourg, travaille sur les mécanismes neurologiques de la schizophrénie. « Bien que cette maladie concerne 1 % des Français, il y a très peu d’appel d’offre pour des projets de recherche dans le domaine de la psychiatrie, déplore-t-elle. Les patients sont stigmatisés, on parle plus de les enfermer que de les aider… »