Les 3 mamelles ou les 3 âges de la psychiatrie !
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http://www.lemonde.fr/opinions/chronique/2009/06/30/les-3-mamelles-ou-les-3-ages-de-la-psychiatrie-de-la-psychiatrie_1213269_3232.html par E cauchois 30.06.09
Suite au Rapport n° 328 (2008-2009) de M. Alain MILON, fait au nom de l'office parlementaire d'évaluation des politiques de santé, déposé le 8 avril 2009
LA PRÉHISTOIRE Il y a 4 siècles ,on acceptait que les "fous" soient brûles puisque possédés par le diable, ils entendaient des voix qui ne pouvaient, à part Jeanne d’Arc, être la voix (voie) de Dieu, puis attachés et diagnostiqués : idiots, imbéciles, crétins, déments, incurables, inéducables ! Puis détachés par Philippe Pinel. Mais enfermés dans les asiles. Les fous sont devenus des malades puis des patients puis des clients.
LA CONTINUITE
En 1952 Jean Delay et Pierre Deniker utilisent pour la première fois la chlorpromazine (Largactil) à St Anne à Paris. On invente alors le secteur psychiatrique, basé sur le modèle bio-psycho-social. Un psychiatre, un psychologue et une assistante sociale, une adresse, la continuité, la personnalisation. Il s'agit en fait de la gestion par une même équipe pluridisciplinaire. Normalement les patients sont suivis pendant toute la durée de leur maladie par la même équipe... de ce succès on a conclu que désormais il n'y avait plus besoin de suivi mais de réévaluation des médicaments !
LA SPECIALISATION
On sépare la neuro de la psychiatrie, puis pédopsychiatrie puis géronto-psy puis clinique d'urgence, hôpital de jour, clinique d’anxiété de trouble de ceci ou de cela. L'avantage est que le psychiatre n'a pas à faire le diagnostic mais doit être le meilleur pour le traitement qui est plus biologique (médicamenteux), dans une clinique ultra-spécialisée, mais il suit son patient.
LA CIRCULATION
Ceci est lié de la constatation que si on fait de la continuité personne ne bouge et que les patients n'ont plus accès au système puisque personne n'en sort. "Une proportion non négligeable de malades se trouve dans l'impossibilité d'accéder aux soins". Ainsi les patients sont vus par un expert consultant qui ne reverra presque pas le patient, tout se soignera désormais avec des médicaments, le psychiatre devant guérir tout le monde du premier coup. Avec bientôt comme aux Etats-Unis un nombre limité de séances (trois pour la dépression !), c'est le modèle économique. Si c'est bon il faut que tout le monde en profite! Les psychiatres devient une sorte de radiologue chimiatrique : une photo et on s 'en va ! Une molécule et tout est guéri, et "si vous n’allez pas bien vous reviendrez".
LA SYNTHÈSE
Il est temps de changer de paradigme. Et redéfinir le champs de la psychiatrie
Asile ? Freud ? Ou Prozac ? Chimiatrie ou gestion de la crise économique du chômage et du logement ? Le psychiatre (psuké -iatros) soignant de l’âme, risque de perdre la sienne...