Une grande chaîne de solidarité sur quatre roues
In http://www.sudouest.com/lot-et-garonne/actualite/marmandais/article/570469/mil/4443778.html
Solincité a officialisé, hier, le lancement d'une épicerie ambulante pour ses usagers
Le projet d'une épicerie solidaire ambulante a été initié en 2007, puis porté sur les fonts baptismaux en janvier 2009. Entre-temps, il a reçu le soutien financier de la Fondation de la Caisse d'Épargne des régions Aquitaine et Poitou-Charentes, par l'attribution d'un prix de 20 000 euros en mars 2008. Une manne indispensable pour acheter le fourgon, l'aménager et l'équiper du matériel de vente, de pesée, sans oublier la caisse. L'association Solincité qui gère plusieurs établissements dans le social, le médico-social et le sanitaire est à l'initiative de cette opération. Néanmoins, le projet est sorti de terre grâce à la précieuse collaboration du comité d'expansion Val de Garonne.
Avec la banque alimentaire
Hier, toutes les composantes de ce dispositif étaient réunies à Marmande pour le lancement officiel de cette épicerie solidaire ambulante. Il n'empêche, les tournées ont déjà commencé depuis janvier à raison de deux par mois. Le fourgon se déplace ainsi dans les GEM (groupements d'entraide mutuelle) de Marmande et Villeneuve-sur-Lot, et les résidences d'accueil gérées par Solincité par l'entremise du Sdap (service d'accompagnement à la personne). « Plus de 500 personnes peuvent être considérées comme la cible de cette épicerie itinérante. Sauf à préciser qu'il ne faut pas dépasser un plafond de ressources et adhérer à l'épicerie solidaire. Depuis peu, les majeurs protégés y ont aussi accès », nous précise Sophie Kalef, directrice du Sdap.
35 à 40 bénévoles des GEM ont eu envie de s'engager dans cette aventure. Alors, ils sont formés à l'hygiène, à la manipulation des produits, à savoir peser, rendre la monnaie. « On espère que ça leur servira dans leur projet de réinsertion », anticipe-t-elle. Solincité œuvre aussi bien en faveur des personnes touchées par le handicap psychique et par la précarité.
« On est la locomotive et on les accompagne, poursuit-elle. Ils vont chercher les produits à la banque alimentaire avec qui nous avons passé une convention et nous travaillons en direct avec des producteurs locaux sur les fruits et légumes de qualité en bénéficiant de tarifs discount ». À l'évidence, il existe un lien social entre tous les partenaires du projet.
C'est ce qui a séduit, entre autre, la Fondation régionale de la Caisse d'Épargne. « Nous avons intégré ce projet pour deux raisons, explique Jean-Pierre Boyer, son président. Il s'agit d'un nouveau service de proximité et l'épicerie solidaire est un terrain d'investigation pour la Fondation. Elle est l'outil de redistribution des sommes allouées à l'intérêt général. Nous avons deux objectifs : lutter contre l'exclusion et favoriser la réinsertion tout en créant un lien social. C'est la vocation historique de notre banque. »
Aujourd'hui, les responsables réfléchissent à l'instauration d'une troisième tournée mensuelle face à l'affluence de la demande. « D'ailleurs, on pourrait être amené bientôt à mutualiser nos moyens avec des associations caritatives », envisage Sophie Kalef.
Dans le fourgon, les adhérents achètent des produits de première nécessité ainsi que des fruits et légumes. Tous les aliments sont stockés à Miramont-de-Guyenne où est ouverte une épicerie fixe fonctionnant deux jours par semaine. Encore faut-il avoir les moyens de se déplacer. Autant affirmer que cette épicerie solidaire itinérante rend de sacrés services.
SUD OUEST | Vendredi 24 Avril 2009