Où en est la recherche sur le cerveau?

Publié le par psyagora

Par LEXPRESS.fr, publié le 06/03/2009 

Il a répondu à vos question, retrouvez les réponses d'Alain Chedotal, directeur de recherche à l'Inserm et membre de la Fédération pour la recherche sur le cerveau (FRC).

Alain Chedotal, directeur de recherche à l'Inserm et membre de la Fédération de la recherche sur le cerveau.

Estelle : Bonjour, quand on a de la fièvre, nous faisons en général plus de cauchemars. Que ce passe t-il dans le cerveau à ce moment là? Merci.

Alain CHEDOTAL : L'activité du cerveau est très sensible aux augmentations de température corporelle (fièvre) ce qui peut entraîner une activation anormale du cerveau et perturber son fonctionnement.

Armandine : Les facteurs génétiques sont-ils les principales causes des maladies neurologiques? De quelle façon l'environnement, le contexte, peut-il influencer le développement d'un trouble, notamment concernant les AVC ?

Alain CHEDOTAL : Non les facteurs génétiques sont des facteurs parmi d'autres, comme l'environnement. Le manque d'activité physique, le cholestérol, l'hypertension, le tabac sont des facteurs à risques pour les AVC.

rgar : Que faire après un AVC isthemique pour retrouver la vitalité du coté gauche. Après un an avec Kiné 3 fois par semaine la personne concernée ne peut marcher que 50 Mètres (après la fatigue se porte sur le coté droit)

Alain CHEDOTAL : Il faut continuer les séances de kiné, la rééducation des AVC ischémiques est malheureusement très longue mais jamais inutile.

Zaba49 : bonjour, je suis incapable de me dominer et quand une situation conflictuelle dégénère, je me mets en colère et mon champ de vision s'obscurcit, voire disparait.
Je perds régulièrement mon travail à cause de ça. Est-ce que je suis atteint d'une maladie neurologique ou de troubles du comportement ?

Alain CHEDOTAL : Là aussi avant de conclure, je vous conseille de consulter des spécialistes de la vision. Ce que vous décrivez peut avoir des causes très diverses et pas forcément neurologiques.

Sophie : Mon père est épyleptique, je suis enceinte et j'ai peur car on dit que les facteurs génétiques ne sont pas négligeables dans ce cas. Qu'en est-il vraiment des risques héréditaires en ce qui concerne l'épulespsie?

Alain CHEDOTAL : Comme dit plus haut, certaines formes de maladies neurologiques ont des causes héréditaires, pas toujours identifiées (il n'y a pas un gène de l'épilepsie), mais dans votre cas il est impossible de prédire quoi que ce soit à l'heure actuelle. Ne vous stressez pas, ce n'est pas bon pour le bébé (ça s'est avéré).

Antoine : Existe-t-il des maladies dégénéréscentes des cellules du cerveau ?

Alain CHEDOTAL : Oui, elles sont malheureusement nombreuses: Alzheimer, Parkinson, DMLA, SEP...

123-dare : Je souhaiterais savoir si des avancées sont prévisibles dans le traitement des tremblements essentiels

Alain CHEDOTAL : Attention là aussi au diagnostic ! Les causes des tremblements sont multiples. Certains peuvent être arrêtés avec des bétabloquants. Les recherches dans ce domaine sont néanmoins actives.

hamza : Quelle sont les apports de l'imagerie fonctionnelle cérébrale dans votre domaine de recherche (perspectives,...)?

Alain CHEDOTAL : Cela nous permet, par exemple, de voir comment se réorganisent les connexions cérébrales chez des patients ayant eu des lésions du cerveau et de suivre ce processus au cours du temps. Cela permet également de pouvoir visualiser l'activité de certains neurones pendant des tâches particulières.

potlou : Atteint à 74 ans de miasténie où en est la recherche pour cette maladie?

Alain CHEDOTAL : La cause de la myasthénie est encore inconnue à ce jour. Peut-être est-ce une maladie auto-immune. Comme pour l'ensemble de ces maladies orphelines, il existe des associations qui peuvent vous renseigner et qui soutiennent les recherches dans ce domaine (AFM, FRC).

Annie : Mon père atteinte d'une PSP est mort à 88 ans d'une pneumopathie suite à une fausse route. Ces symtômes ont commencé vers l'âge de 78 ans. 1/ Cette maladie est-elle héréditaire ? 2/ existe-il des médicaments à part le Modopar ? 3/ l'hypertension serait-elle un facteur de risques?

Alain CHEDOTAL : Encore une fois, et comme pour beaucoup de ces maladies neurologiques, il existe en fait une grande variété de causes, parfois héréditaires. Il est donc difficile de tirer des conclusions générales. Si votre inquiétude est trop grande, consultez un spécialiste.

gregou : un stress chronique et aigü peut il être la cause d'une maladie mentale telle que la schizophrénie ?Quel est l'impact d'un stress chronique sur le cerveau ? Merci d'avance.

Alain CHEDOTAL : La schizophrénie est une maladie complexe dont les causes sont encore incertaines. Toute fois, je ne pense pas que le stress puisse être impliqué dans cette maladie.
Comme dit précédemment, il y a des indications que la schizophrénie est en partie causée par des défauts de connexion des neurones.

Méli-imélo : Ma mère a de plus en plus de difficultés à se souvenir des petits événements qui se passent. Elle n'a que 55 ans, je m'inquiète, je ne sais pas ce qu'elle a. Est-ce que cela peut s'apparenter à un début d'Alzheimer.

Alain CHEDOTAL : Encore une fois, le diagnostic de la maladie d'Alzheimer est complexe. Troubles de la mémoire ne sont pas forcément liés.
Chez certains patients (notamment dans des formes héréditaires de la maladie) la maladie peut débuter très tôt.
Le plus simple, est de consulter un spécialiste. Dans le cadre du plan Alzheimer, de nombreux centres ont été mis en place dans toute la France.

Gabo : Je désire savoir s'il est possible qu' un bebé de 1 mois de vie ait une neurofibromatosis (on suspecte à cause des taches)?

Alain CHEDOTAL : Je ne suis pas spécialiste et le diagnostic via Internet est compliqué. Aussi je vous conseille de consulter le site suivant : http://www.orpha.net/consor/cgi-bin/OC_Exp.php?Expert=637&lng=FR. Il y a en France, notamment à Paris, de nombreux spécialistes de cette maladie.

un kiné neuro : l'imagerie médicale sans cesse en amélioration ( résonance magnétique fonctionnelle) nous oblige sans cesse a reactualiser notre mode de prise en charge. a quand une cartographie complete des types d'avc, de ces conséquences sur la rééducation des adultes (enfants) cérébrolésés ? merci de votre réponse.

Alain CHEDOTAL : L'imagerie cérébrale est effectivement un domaine en plein développement, pour lequel les équipes françaises sont à la pointe permettant d'obtenir des images de plus en plus précises du cerveau des patients. Il est important de pouvoir utiliser ces nouveaux outils pour permettre effectivement de mieux identifier les conséquences d'un AVC sur le fonctionnement cérébral.

Noisette : qu'apporte la recherche sur le cerveau à la connaissance des maladies suivantes ,Parkinson, Schizophrénie et Alzeimer ? Merci.

Alain CHEDOTAL : 1) La recherche sur le cerveau permet d'essayer de corréler, de voir, d'identifier les structures cérébrales qui sont affectées. Notamment il semble que chez certains schizophrènes le développement du cerveau ait été affecté et que les neurones sont anormaux ainsi que leur connexion.
2) Là aussi les travaux d'imagerie cérébrale permettent de mieux comprendre quelles sont les zones du cerveau impliquées.
3) Cela permet aussi de développer de nombreux modèles animaux de ces pathologies qui serviront à tester des nouveaux traitements avant de les appliquer à l'homme.
4) Beaucoup de travaux de recherche fondamentale sans a priori de lien direct avec la clinique, permettent néanmoins de mieux comprendre comment fonctionne le cerveau et donc peut-être de mieux comprendre ces dysfonctionnements.

sultan6 : y a t' il un traitement efficace pour guérir les attaques de panique?

Alain CHEDOTAL : Les attaques de panique relèvent plutôt de troubles comportementaux. Les bases neurologiques ne sont pas connues.

Martin : où en est la recherche contre la sclerose en plaque?

Alain CHEDOTAL : Merci Martin, une réponse a déjà été donnée à cette question.

dormir : est-ce-que ADHD chez l enfant est une maladie neurologique si oui quel est le traitement. est ce hereditaire?finirat-elle avec le temps. merci.

Alain CHEDOTAL : Non, tous les enfants hyperactifs ne sont pas "malades". Il faut être méfiant dans ce domaine avant de donner des médicaments qui risquent d'avoir des effets néfastes. L'hyperactivité n'est pas a priori une maladie neurologique. Le mieux est dans ce cas, de consulter un pédopsychiatre.
Il n'existe pas de causes génétiques identifiées.

Toronto : Ma belle-fille souffre du syndrome d'Arnold Chiari et d'une syringomiélie. On lui conseille une opération, quels en sont les risques?

Alain CHEDOTAL : Ce type d'opération (lourde) est pratiqué couramment mais présente probablement plus d'avantages pour la patient que l'absence d'opération.

corale : Bonsoir monsieur j ai été epileptique de 1969 a2004 et amnesique je ne me rappelle pas du tout de mon ecole de mon enfance de mon mariage de mon accouchement . Comment peut ont vivre comme un zombi? pendant tant d'années? c'est serieux on ne me croit pas.

Alain CHEDOTAL : Il est clair que l'épilepsie provoque des dysfonctionnements majeures du cerveau pouvant perturber de nombreuses fonctions cognitives (mémoire, apprentissage...). N'ayant pas accès au dossier médical, il est difficile de conclure, mais il peut exister un lien amnésie et épilepsie.

cool : Peut on envisager dans les cinq ans à venir une avancée significative du traitement de la maladie de PARKINSON et quels sont les espoirs dans la recherche. Merci pour votre participation

Alain CHEDOTAL : Il faut entre 10 et 20 ans pour développer un nouveau médicament. Par conséquent, même s'il y a des découvertes actuelles encourageantes, cela peut malheureusement prendre du temps avant d'être disponible pour les patients. Mais de nombreux essais clinique sont en cours. Là aussi, ces essais comportent plusieurs phases durant chacune plusieurs années. Ceci permet de mieux cerner les effets secondaires et d'éviter des mauvaises surprises.

Luc : Dans quelle mesure peut-on "entretenir" ou "développer" certaines facultés de son cerveau par l'exercice ?

Alain CHEDOTAL : Il est clair que la pratique d'activités stimulant le cerveau (lecture, jeux, etc.) ont des effets bénéfiques sur le maintien des capacités intellectuelles, notamment chez les personnes âgées mais c'est aussi vrai des activités physiques. La pratique du sport a également des effets positifs.
Des travaux assez récents montrent aussi que le cerveau d'un adulte est plus plastique qu'on ne le croyait; des nouveaux neurones (cellules qui transmettent l'influx nerveux) sont produits tout au long de la vie dans certaines régions du cerveau et participeraient au développement de la mémoire. Leur production semble également pouvoir être modulée par l'activité physique.

Luc : En neurologie, des découvertes ont lieu régulièrement en matière de diagnostics ; pouvez-vous citer des exemples de traitements mis au point récemment ?

Alain CHEDOTAL : Un exemple de traitement : l'utilisation et le développement de rétines artificielles pour le traitement de certaines cécités. Cette année la 1ère greffe française a été réalisée à l'Institut de la vision. Là aussi, des améliorations nettes pour le patient traité.

Rocheteau : Bonjour, je suis atteint d'une sclérose en plaques (non traitée), où en sont les recherches concernant cette maladie? merci d'avance de vos information.

Alain CHEDOTAL : Si vous êtes sur Paris, se tient aujourd'hui au Palais des Congrès la "Journée annuelle de l'ARSEP" qui regroupe les équipes françaises travaillant sur la SEP. Vous pouvez toujours vous y rendre.
Cette année, des nouveaux médicaments, notamment l'Alemtuzumab, ont donné des résultats prometteurs. Le processus de destruction de la myéline commence lui aussi à être mieux compris, notamment grâce aux recherches d'équipes françaises.

MARIE : Mon frère (54ans) a un début de PARKINSTON vaut-il mieux qu'il se fasse opérer vu qu'il est jeune,plutôt que de suivre un traitement à base de dopamine durant des années ,avec les conséquences néfastes connues?

Alain CHEDOTAL : Dans le cas de la maladie de Parkinson, il n'y a pas vraiment d'opération possible. Toute fois, des implantations d'électrodes intracérébrales (notamment effectuées à l'hôpital de la Salpétrière) donnent des résultats encourageants. Par ailleurs, énormément de médicaments et traitements sont en cours de test. !

konebien : peut on envisager à un horizon pas trop lointain la connaissance des mécanismes des maladies psychotiques avec l'espoir de les guérir définitivement.

Alain CHEDOTAL : Il n'existe pas de mécanisme unique, les causes sont très variables.
Des nouvelles techniques d'imagerie cérébrale (voir Neurospin à Saclay) permettent de déterminer si ces maladies peuvent être corrélées avec des anomalies de la structure du cerveau et d'identifier pour chaque maladie les régions cérébrales impliquées. Sans ces informations, il est encore difficile de pouvoir développer des médicaments appropriés et spécifiques. Enormément de recherches sont en cours dans ce domaine et des réseaux de laboratoires nationaux ("Fondamental").

"Tous autour des neurosciences": rencontre entre chercheurs, enseignants, étudiants, associations, malades, familles, proches... Organisée par l'Inserm, la FRC et la Société des Neurosciences.
Le 14 mars à Bordeaux, Paris, Montpellier et Strasbourg

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